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La glace !

Nous abordons aujourd’hui un sujet chaud dans le domaine de la prise en charge des blessures aigües : la glace ! Vous avez déjà forcément utilisé au moins une fois ces fameuses poches de glace colorées qui traînent dans les congélateurs, ces fameux « cool-packs ». Vous êtes peut-être un adepte de son utilisation au moindre petit bobo pour vous soigner ou alors avez-vous entendu d’une source obscure que son utilisation serait finalement néfaste pour votre guérison. Qu’en est-il ? Faisons le point ensemble.

D’abord un peu d’histoire. D’où ça nous vient finalement cette manie de mettre du froid à chaque blessure lors de la pratique d’un sport ? Il faut remonter aux travaux du Dr Mirkin dans les années 70 et son protocole RICE (Rest, Ice, Compression, Elevation), bien connu dans le monde médical. Depuis sa mise en place, ce protocole a été utilisé en abondance pendant une bonne trentaine d’année sans jamais être vraiment remis en question, subissant parfois quelques actualisations mais conservant toujours la glace comme pierre angulaire de la prise en charge. L’objectif de l’utilisation de la glace dans ces protocoles était de réduire au maximum la réponse inflammatoire pour permettre une récupération plus rapide.

Cependant, la recherche scientifique a fait volte-face ces dernières années à ce concept bien ancré et le Dr Mirkin lui-même a reconnu que l’utilisation de la glace dans son protocole pouvait finalement plutôt retarder la récupération plutôt que la favoriser. En effet, les dernières études sur le sujet ont montré que lorsqu’on se blesse, le corps envoie des signaux aux cellules inflammatoires de la zone lésée qui libère une hormone de croissance (IGF-1) qui permet d’enclencher la réparation des tissus lésés. Et si l’on applique de la glace sur cette zone lésée, on retarderait donc la libération de cette hormone et donc la réparation tissulaire. Catastrophe ! Plus jamais de glace alors ? Pas si vite, nuançons un peu.

Avec les effets négatifs de l’application de glace mis en évidence, il semble indiqué d’éviter son utilisation systématique afin de favoriser la cicatrisation. Cependant, un des avantages de l’utilisation de glace reste la capacité à diminuer localement la sensibilité des terminaisons nerveuses et donc à limiter la perception de douleur à court terme. On est donc mis devant un dilemme : diminuer la douleur à court terme ou favoriser la cicatrisation.

Par ailleurs, lors de blessures plus conséquentes provoquants de gros gonflements (blessures articulaires comme entorses du genou ou de la cheville), limiter l’étendue du gonflement initial par l’application de glace pourrait être judicieux afin d’éviter d’entraver trop fortement l’amplitude de mouvement des articulations lésées, permettant de récupérer plus rapidement la fonction de son articulation. Mais ceci n’est valable que pour des lésions graves engendrant de gros gonflements limitant donc le mouvement.

Sur base de ces informations, on perçoit donc qu’il vaudrait donc mieux laisser le cool-pack le plus possible dans le fond du congélateur mais avec cependant quelques nuances à apporter pour certains cas précis comme les gonflements articulaires plus conséquents ou les douleurs plus sévères. Dans tous les cas, consultez votre médecin en cas de lésion sérieuse.

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