FASCIITE PLANTAIRE
La fasciite plantaire est la première cause de douleur au talon. Elle se manifeste par une douleur typique du « premier pas » au lever ou après un temps d’immobilité, localisée sur la face médiale du talon. On parle ici de lésion de surcharge pouvant toucher deux profils typiques : les jeunes adultes qui reprennent la course à pied ou d’autres sports de sauts, et les personnes de 40 à 50 ans en surpoids et plutôt sédentaires. Le diagnostic est essentiellement clinique, posé à la palpation, et les examens d’imagerie (échographie, IRM) ne sont réservés qu’aux cas atypiques ou résistants au traitement.
La prise en charge débute toujours par un traitement conservateur. Les mesures centrales sont l’éducation du patient, les étirements réguliers du fascia plantaire et du mollet, la rééducation fonctionnelle et les exercices de renforcement. Ces approches suffisent dans la majorité des cas. Les semelles orthopédiques ou le taping peuvent être proposés si la biomécanique du pied est défavorable, tandis que les talonnettes apportent un soulagement temporaire mais ne corrigent pas la cause.
Les attelles nocturnes sont utiles lorsque la douleur matinale persiste, généralement sur une durée de 1 à 3 mois. En cas d’échec des mesures de base après plusieurs semaines, les ondes de choc extracorporelles représentent une option efficace, particulièrement chez les sportifs.
Les infiltrations de corticoïdes procurent un soulagement rapide mais transitoire et doivent rester limitées en raison du risque de complications locales. Les injections de plasma riche en plaquettes (PRP) sont de plus en plus proposées pour les formes chroniques, avec des résultats encourageants à moyen terme.
La chirurgie (fasciotomie partielle ou relâchement gastrocnémien proximal) n’est envisagée qu’en dernier recours, après au moins 6 à 12 mois d’échec du traitement conservateur, et reste associée à des risques non négligeables.
En résumé, la stratégie repose sur une progression par étapes : mesures conservatrices systématiques, puis traitements adjuvants si nécessaire, avec un pronostic favorable dans la grande majorité des cas.